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Affichage des articles du décembre, 2021

Pause terrienne

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Je n'ai pas l'occasion de sortir tous les quatre matins. Je dis "sortir" comme s'il s'agissait de s'évader d'un enfermement, mais non, ce ne devrait pas être le mot juste. Traverser, peut-être, juste ça. Il faut avouer que le prix du passage en bateau est assez prohibitif. Avec mon petit camion nomade, j'en ai pour 90 euros l'aller-retour, et encore, je suis titulaire de la carte insulaire ! Sinon, c'est 320 euros. Prohibitif, je vous dis. Pour le coup, je n'ai fait que deux escapades sur le continent : En novembre lors d'un week-end à rallonge, pour aller dans les monts d'Arrée, et la semaine passée, pour les fêtes de Noël. Les mois précédents, j'avais bien songé à prendre le bateau sans véhicule pour aller visiter Vannes, par exemple, mais la complexité des transports en commun m'a stoppée net. Depuis Quiberon, il faut prendre un bus (dont les horaires ne correspondent pas toujours à ceux du bateau), puis le train à Au...

Brumes d'hiver

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  Depuis deux jours, nous nageons dans la brume. Ce matin la visibilité n'excédait pas quelques mètres, et, roulant prudemment sur la route dépourvue de toute marque au sol, je fredonnais un requiem pour tous les faisans, lièvres et lapins qui allaient vers une mort certaine dans la purée de pois. J'étais en avance, j'ai fait un petit détour jusqu'aux remparts derrière l'ancien bagne pour voir ce que cette brume pouvait bien donner sur la mer. Eh bien, rien ! Plus d'océan, ou presque. Je me serais crue sur les rives d'un petit lac, que dis-je, d'une mare grise et presque immobile, comme asphyxiée par un édredon pesant, de ceux qui réchauffent par étouffement plus que par leurs qualités thermiques. Même les mouettes étaient silencieuses, sans doute roulées en boule au creux des falaises, la tête sous l'aile, refusant ce tableau pathétique. "Ça crachine, ai-je hasardé en retrouvant mon collègue Manu devant la porte du boulot. Sous son éternel bonn...

Libération

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    J'ai eu beaucoup du mal à m'extraire du lit quand le réveil a sonné à 6h30. Il faut dire que j'ai passé une nuit très très moyenne, entre une poussé de fièvre suante et tremblante probablement due au vaccin de mardi, et une opération "fenêtres ouvertes" à 3h du matin, quand ce satané vent a tourné et qu'une épaisse fumée est montée jusqu’à la chambre, où je je me suis retrouvée dans le brouillard. Mais pas moyen de me faire porter pâle, j'avais un bateau à 7h45 pour emmener Max se faire enlever son bracelet électronique. J'aurais tout fait, pendant ces six mois, les dossiers d'aide au logement, les batailles avec la Sécu, les négociations avec les Impôts, les dossiers de complémentaire santé solidaire, et maintenant, l'administration pénitentiaire. Chaque jour, je me fais la réflexion qu'on vit dans un monde de fous, et cette incursion dans le monde de la justice n'est pas de nature à me faire changer d'avis. Max était en cabane...