Retour au bercail (ou presque)
Je suis rentrée hier dans ma vallée alpine. Le ciel y est d'un bleu violent, les sommets sont couronnés de blanc et sur la petite route d'accès à la maison, de larges plaques de glace vive s'accrochent au macadam là où les arbres font de l'ombre sur la chaussée. J'ai mis au lave-linge les draps, couverture et duvets qui sont restés dans le camion pendant plusieurs semaines et y ont pris un odeur d'humidité typiquement bretonne. J'ai remisé ma carte insulaire dans une boîte fourre-tout où elle se fera une place parmi les petits objets insignifiants que l'on garde en souvenir, et dont un seul effleurement du bout des doigts fait remonter un visage, une odeur, un goût unique du fond de la mémoire. J'ai rangé les vêtements d'été, les maillots de bain chinés chez Keelie, les livres que je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter à la Veilleuse, et tout un tas d'objets qui seront désormais pour moi les marqueurs de cette demi-année belliloise...