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Affichage des articles du novembre, 2021

Gratuit mais pas sans valeur.

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Il a fait gris tout la journée. J'ai fait un saut ce matin à la "Zone de gratuité" organisée à la salle Arletty, où j'ai retrouvé quelques collègues qui font des heures sup dans la bonne humeur. Ici, on donne, et on prend, c'est tout. D'une simplicité absolue, rafraîchissante en cette période plutôt pénible. "On ne paie rien, vraiment ?" me demande une dame. Non, vraiment. Ni les livres (forcément j'en ai trouvé un à embarquer !), ni les vêtements (une écharpe, une chemise et des guêtres d'équitation pour moi), ni les boutures de plantes, ni la vaisselle, les écrans d'ordinateur, rien. A se demander pourquoi on paie le reste du temps. J'aime penser que c'était le week-end du Black Friday. A midi, j'ai rejoint mes musicos au Kervi, je me suis fait mal aux doigts sur la guitare folk, et j'ai bien aimé ça aussi. Il y avait un nouveau, un joueur d'harmonicas - oui, au pluriel, les harmonicas !- qui doit bien avoir quatre-v...

Tant de ciel

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  Ce soir, j'ai pu enfin rallumer le poêle à bois. Depuis trois jours, un vilain vent tranchant venu de l'Est soufflait sans discontinuer en caracolant autour des 60-70 km/h. Les bretons pensent d'abord à se protéger du vent d'Ouest, celui qui vient de l'Océan et de l'autre bout du monde, celui qui apporte les perturbations pluvieuses et tempétueuses. Les maisons sont orientées en fonction de lui, les cheminées aussi. Le vent d'Est, c'est le parent pauvre. Et par conséquent, il se venge salement. Dimanche soir, alors que je jouais à la patate de canapé devant une série "so british", le petit saligaud s'est levé sans prévenir. Je me suis retrouvée en immersion involontaire dans le smog anglais de ma série, sauf que c'était à domicile, sans traverser la Manche. Toussant et pleurant à qui mieux mieux, j'ai dû sortir la bûche du poêle qui vomissait des torrents de fumée, aller l'éteindre dehors à grands renforts de pichets d'eau...

Le bagad du Kervi

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  Je me suis levée très tard ce matin. A vrai dire, c'est le téléphone qui m'a réveillée à onze heures. Pas moyen de me préparer un thé en causant avec Cécile au téléphone - il n'y a pas un poil de réseau dans la cuisine ! - je suis donc partie ventre vide et ventre à terre au marché de Bangor pour faire les quelques achats qui me manquaient. Pas moyen non plus de boire un macchiato à Bangor, mon bar de prédilection était fermé et l'autre plein comme un jour de marché où il n'y a qu'un seul bar ouvert dans le bled. J'ai bien essayé de traîner autour de la terrasse le temps qu'une place se libère, mais chaque chaise faisait déjà l'objet d'une surveillance appuyée de la part de putatifs clients, en mal, comme moi, de leur dose de caféine matinale. J'ai donc renoncé et j'ai filé à Kervila(h)ouen(*). Au Kervi, il y a une épicerie où l'on peut acheter LE fameux gâteau breton saturé de beurre fait maison, et un café dont la terrasse ensolei...

Winter is coming.

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Marnage : Différence de niveau entre la marée haute et la marée basse d'une marée. C'est la fin des vacances de Toussaint. L'île se vide à nouveau, comme descend la vague des grandes marées du week-end. Les maisons se ferment, les voitures de locations rentrent au garage, les vélos et scooters électriques de l'année sont à vendre. Cette fois, on rentre dans le dur de l'hiver, la saison vraiment morte. Ici, les commerçant ferment pour partir en vacances, les bars font leur soirée de fin de saison, tandis que chez moi ils font leur stock pour l'hiver. Dans un mois et demi, la marée haute sera pour la montagne, les pistes de ski, les tartiflettes et les fondues savoyardes. Marnage. Je vis plus de bas que de hauts en ce moment. Sans doute cette lassitude de mi-parcours que connaissent bien tous les coureurs de fond. La solitude me pèse, les trois mois qui restent me semblent bien plus longs que les trois mois passés. Je guette sur Facebook les publications de l'...